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Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2016

François-Xavier Chanioux

MÀJ 28-02-2019

CARBON SHELTER ; 2019

Sculpture lauréate de l’appel à projet «Art et Biodiversité» pour le département Indre et Loire.
Loire Valley department artist Call award sculpture.

Épicéa, béton, acier, verre, laine de roche, verre, saturateur noir mat, peinture laquée noire matte. 820 x 230 x 70 cm.
Spruce, concrete, steal, rock wool, glass, matte black saturator, matte paint. 324 x 91 x 28 inches.


    Carbon Shelter relève à la fois d’un impératif écologique (sauvegarde d’un écosystème) et de considérations esthétiques. Il se dresse au cœur du Val Choisille tel une tache aveugle, un obstacle sur lequel vient buter l’œil. Sombre, insondable monolithe évoquant l’aube de l’humanité (Stonehenge, le 2001 de Kubrick), il est comme un jalon rappelant notre empreinte à travers les âges. Notre empreinte sur la nature.

On dirait un énorme bloc de charbon (le fusain si cher à l’artiste), l’allégorie d’un temps inéluctable menant de la première flamme aux cheminées noires de suie, aux micro-processeurs de nos ordinateurs. Noir comme l’avenir de la planète ? Ou comme la nuit des origines ? Le feu semble s’être éteint sans nous apporter de lumière. Est-ce donc dans l’obscurité à travers laquelle nous ne savons plus voir, ou derrière l’horizon des événements qu’il faut chercher un abri ? C’est que l’obstacle se veut aussi refuge. A le regarder de plus près, l’édifice – qu’on dirait d’un seul bloc - est en réalité constitué d’une maille plus élémentaire qui paraît s’assembler sous nos yeux, sous l’effet de la vie qui s’en empare, qui l’anime, qui y aspire, qui résiste dans l’ombre, et ce que l’on prenait pour départ ou fin semble davantage une étape.
Ce mur qui nous isolait de notre propre temporalité se meut en espace, en carrefour, en présent. Un présent au sein duquel la vie se renouvelle, et se rénove.

Texte de Thomas Lejeune