retour à l'accueil

Documentation d'artistes diplômés de l'EESAB. 2011 - 2016

Camille Tan

Just a slice of, 2017

Matériaux mixtes et dimensions variables – Installation in-situ – Production Tripode et Mosquito Coast Factory Ci-dessous: vues de l'installation Just a slice of… – Mosquito Coast Factory, Campbon / Photographies Marc Domage (+B-M.M et C.T)

L’installation se compose principalement d’objets, d’outils récupérés, de matériaux bruts et naturels trouvés. Le travail donne à voir des bribes, des ruines, des formes inachevées, des extraits de… Le titre du projet ‘Just a slice of / rien qu’un petit bout de…’ constitue un système d’objets et de fragments détachés de leur lieu, de leur contexte d’origine. On y retrouve des gestes, des marques, différentes strates et étapes d’altération, naturelles ou artificielles, dont le statut demeure ambigu.

La méthode de travail laisse entrevoir une certaine tentative d’accélérer et de contrôler le passage du temps sur la matière. La dissolution, la ruine sont alors évoquées en tant que représentations de la fragilité ; des réalités qui reposent sur le principe d’entropie. Entre incertitude et partis-pris, Just a slice of… bascule de la conservation de certains objets à la construction de leur propre effondrement. Un tour de force, un système de maintiens, d’équilibres et de tensions s’imposent. 

Les objets et matériaux exposés acquièrent un statut autonome mais développent des relations, des articulations entre eux. L’installation fonctionne comme un dialogue, un véritable jeu de cache-cache, regroupant un ensemble d’objets complémentaires, assurant le bon maintien de l’autre mais provoquant parfois son déséquilibre. On découvre, dans l’espace d’exposition, un paysage précaire, une forêt artificielle. Nous retrouvons là toute une série de gestes sculpturaux que ce paysage accidenté réceptionne de façon discontinue. L’exposition dévoile la complexité d’un paysage où l’usure, la ruine et les altérations s’immiscent comme formes curieuses et impermanentes du quotidien. La limite verticale devient le point de tension, d’équilibre ; les installations présentées traduisent des gestes qui accentuent cette tension.